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Sun 14 Feb 2016

  • David Mentré

À écouter : France Inter, « État d’urgence, état de méfiance »

Reportage diffusé ce matin sur France Inter à écouter d'urgence : « État d’urgence, état de méfiance ».

Il est éclairant sur l'inutilité de l'état d'urgence, l'aveuglement et l'incompétence des préfets à comprendre la religion Musulmane et le salafisme (et donc à lutter efficacement contre le terrorisme), l'arbitraire des interventions policières et leur inutilité (3.000 interventions pour une seule arrestation) qui fatigue les policiers, l'utilisation des assignations à résidence pour contrer toute contestation (en l'occurrence écologiste lors de la COP21), et surtout les menaces à la démocratie.

L'État a des moyens mais ne l'utilise que pour faire de l'esbroufe. Il est temps que nos gouvernants arrêtent de gouverner par les sondages.

Arrêtons cet État d'urgence !

Sun 12 May 2013

  • David Mentré

Analyse de Regards Citoyens sur la transparence démocratique

Très bonne analyse de Regards Citoyens sur la transparence démocratique qui cherche à poser « une frontière claire entre la vie privée et les informations importantes pour la démocratie ».

Rien que la transparence des votes parlementaires me semble une évidence. Nos élus sont censés nous représenter : connaître leur position en notre nom coule de source, non ? Les 9 autres propositions me semblent tout aussi intéressantes.

Une analyse de fond qui contre-balance un peu tout cette veine agitation politique. Pourra-t-on un jour revenir à plus de raison et moins d'émotionnel en politique ?

Wed 02 Mar 2011

Critique livre : Pour une révolution fiscale

Couverture Pour une révolution fiscale Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez on récemment publié « La révolution fiscale, Un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle » aux éditions Seuil, 12,50 €. J'en recommande fortement la lecture.

Ce livre est découpé en trois parties. La première partie fait un bilan très pédagogique du système fiscal actuel en partant de données macro-économiques (le Produit Intérieur Brut (PIB), le nombre d'adultes, ...) pour raffiner et expliquer d'où vient l'argent, comment il est prélevé et à qui il est redistribué. On y apprend par exemple qu'en moyenne les français payent 49% d'impôts ou que les 1% de français très aisés (500.000 personnes) détiennent 24% du patrimoine national. Saviez vous par exemple que l'impôt sur le revenu (IRPP) représente seulement 3% du revenu national, contre 6% pour la Contribution Sociale Généralisée (CSG), 13% pour les impôts à la consommation (TVA et autres impôts indirects) et 23% pour les cotisations sociales (maladie, famille, formation, retraite, chômage, ...) ? Autant dire que quand on (nous ou les politiques) se focalise sur l'impôt sur le revenu, on ne regarde qu'une toute petite portion des prélèvements. Plus intéressant encore, les auteurs montrent que notre système fiscal est clairement régressif, les 5% les plus riches payant moins d'impôts que le reste de la population.

La seconde partie décrit la proposition des auteurs : une simplification du système fiscal actuel, pour une meilleure transparence et une meilleure équité. Ils proposent une suppression de l'actuel impôt sur le revenu (IRPP) qui serait remplacée par une CSG aux taux révisés, prélevée à la source, et touchant autant les revenus du travail que du capital. L'impôt serait prélevé par individu, en distinguant notamment les deux conjoints d'un couple pour éviter de pénaliser les femmes qui ont souvent le revenu le plus faible. Ce qui est très intéressant dans cette proposition est que les auteurs ne cherchent pas à augmenter ou diminuer le volume global d'impôt : l'impôt prélevé est le même, seulement plus simple et plus équitable. Et bien entendu, rien n'empêche d'y envisager des modifications, pour être plus « de droite » ou « de gauche » (cf. tableau p. 95). Avec la proposition actuelle, 97% des français payeraient moins d'impôts.

La troisième partie détaille les perspectives possibles : un revenu d'autonomie pour les jeunes adultes, améliorer les transferts sociaux, etc.

Ce livre est accompagné d'un site web, revolution-fiscale.fr, qui contient des simulateurs pour élaborer ses propres variantes de la réforme proposée. Plus intéressant encore, l'intégralité des données et des programmes sont disponibles pour permettre aux plus courageux de refaire et vérifier les calculs[1]. Il n'y a pas de licence clairement associée à ces données et programmes, mais les auteurs demandent « simplement aux personnes utilisant nos programmes et fichiers d'indiquer leur source », ce qui peut en faire une licence Libre. En tout cas, l'effort de documentation scientifique est significatif et mérite d'être signalé. Même dans le monde scientifique, il est rare de trouver des publications qui fournissent les programmes et données utilisées.

Bien que relativement court, 40 petites pages pour la partie bilan et de même pour la proposition, j'ai trouvé ce livre très pédagogique et très stimulant. N'hésitez pas à l'acheter ou l'emprunter.

Notes

[1] Les programmes et données sont fournis pour des logiciels propriétaires (Excel et Stata), il serait intéressant de refaire les calculs avec des programmes libres comme R.

Wed 19 Jan 2011

« OpenData » à Rennes, ça avance !

J'étais mardi à la Cantine Rennaise pour assister à un BarCamp OpenData à propos du concours « Rennes Métropole en accès libre ». Je ne candidate pas au concours mais comme j'ai pas mal critiqué l'actuelle licence des données « libérées » par Rennes Métropole et que j'avais eu en retour une discussion avec des acteurs du dossier[1], j'ai voulu aller aux nouvelles.

Le dossier avance ! Une nouvelle version de la licence est en préparation, dont on peut espérer un brouillon en ce début d'année. Des clauses seront supprimées, par exemple la clause qui oblige la mise à jour de son application en cas de changement de l'API. Une contrainte même pour des gens qui font des applications propriétaires, comme me le faisait remarquer un collègue. Reste à voir le résultat final, affaire à suivre ! ;-)

Sinon, soirée très sympa, où j'ai rencontré pas mal de Gulliveriens et d'anciens Gulliveriens. Sylvain a pointé très justement ces questions sur la licence dans la partie questions de l'exposé. J'ai aussi eu un très bon contact avec des responsables du service SIG de la Ville de Rennes. Ils connaissent OpenStreetMap (et même MapOSMatic !) et envisagent diverses manières d'y contribuer. Ça prendra un peu de temps (probablement en 2012) mais on devrait voir des choses intéressantes. Là aussi, une affaire à suivre !

Sinon, la date du fameux concours a été repoussée. Pourquoi ? Parce que la mise à disposition des applications développées au grand public dépend de la vitesse avec laquelle Apple valide les applications sur sa plateforme propriétaire. Vous n'y voyez pas une contradiction ? Moi si : on ne parle que de données « Libres » mais les applications développées ne sont disponibles que sur la plateforme fermée et propriétaire d'un seul constructeur. Le monde est plein de paradoxes. :-)

Notes

[1] Il y avait aussi des gens d'OpenStreetMap et de Wikipédia.

Wed 20 Oct 2010

Pourquoi l'« ouverture » des données de Rennes Métropole est insuffisante

cube-interdiction.jpg La Ville de Rennes et Rennes Métropole ont récemment mis en place un entrepôt accessible à tous de données publiques leur appartenant. On trouve sur ce site www.data.rennes-metropole.fr des informations concernant les transports, les données de la base « Guide Vivre à Rennes » ou des informations du Système d'Information Géographique (SIG) de la Ville de Rennes et de Rennes Métropole.

Cette ouverture des données est largement mise en avant par Rennes Métropole et la Ville de Rennes, avec un concours de 50.000 € de prix, une couverture médiatique comme cet article de Télérama ou la réception d'un « prix européen e-démocratie » lors du World e.Gov Forum.

L'ambition affichée est de « permettre aux usagers, aux développeurs, aux entreprises de s’approprier et de retravailler les données mises à disposition pour créer de nouveaux services utiles au grand public. » En tant que développeur et contributeur à la communauté des logiciels et œuvres Libres, je ne ne peux qu'adhérer à cette vision des choses. Permettre à quiconque d'utiliser des données publiques et les réutiliser dans d'autres œuvres est pour moi crucial.

Donc, comme tout bon utilisateur potentiel, je me suis précipité sur les conditions d'utilisation[1]. Et là j'ai été plutôt surpris ! En particulier l'article 4, « Obligations du Réutilisateur » précise :

Conformément à l’article 12 de la Loi, le Licencié s’engage à ce que les Informations ne soient pas altérées ni leur sens dénaturé. Le Licencié veillera à respecter l'intégrité des données, et notamment à ne pas les dénaturer et/ou tronquer. L'insertion de commentaires doit être clairement distinguée du contenu du concédant.

En d'autres termes, il m'est impossible de réutiliser les données dans d'autres œuvres composites, car en les intégrant je vais très certainement « dénaturer ou tronquer » les données. Un comble pour des données soit disant « ouvertes » ! Notez bien au passage que l'article 12 de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 précise bien que « Sauf accord de l'administration, la réutilisation des informations publiques est soumise à la condition que ces dernières ne soient pas altérées, que leur sens ne soit pas dénaturé et que leurs sources et la date de leur dernière mise à jour soient mentionnées. » Donc un accord de l'administration peut permettre une réutilisation plus libre des données.

Prenons un exemple concret : imaginons que je veuille ré-intégrer la « localisation des points d'apport volontaire des déchets ménagers » dans la carte libre OpenStreetMap. Cette carte est ouverte, enrichie en permanence par des volontaires à l'échelle planétaire et Rennes y est très bien cartographiée. La localisation des conteneurs à déchets y serait très utile, ce serait un geste citoyen. Et pourtant avec la licence actuelle, c'est impossible. Je devrais forcément transformer les données pour les intégrer. Et comme la carte OpenStreetMap doit pouvoir être redistribuée et modifiable par n'importe qui, il m'est impossible d'y intégrer des données ayant de telles contraintes de contrôle d'intégrité.

Ce que Rennes Métropole aurait dû faire

Le plus drôle dans cette histoire, c'est que d'autres acteurs ont tout compris. Rennes Métropole et la Ville de Rennes ne font que recopier ces acteurs, mais en faisant tout de travers par cette licence inadéquate !

L'article de Télérama est éclairant sur ce point. Outre OpenStreetMap, Antoine Mairé y cite l'exemple des villes anglo-saxones qui ont ouvertes leur données, comme l'initiative anglaise Data.gov.uk. Mais quand on regarde les conditions d'utilisation de Data.gov.uk, on y lit que la personne réutilisant les données a le droit :

de copier, publier, distribuer et transmettre les données ;

d'adapter les données ; (le point crucial !)

d'exploiter commercialement des données, en combinant par exemple ces données avec d'autres données ou en l'incluant dans votre produit ou application.

La Ville de Rennes et Rennes Métropole aurait dû utiliser une licence inspirée des licences d'œuvres libres comme Creative Common BY ou BY-SA permettant à quiconque de transformer et intégrer les données. Sans ces conditions, les données « ouvertes » de Rennes Métropole sont inutilisables dans d'autres œuvres ou programmes, à l'opposé même du but initial de permettre aux usagers de s'approprier les données.

Peut-être qu'un jour nous aurons des données réellement ouvertes, et réellement réutilisables ! En attendant, passez votre chemin, il n'y a rien à voir sur data.rennes-metropole.fr.

Notes

[1] Lisez les, elles sont courtes et plutôt lisibles.

Mon 08 Jun 2009

  • David Mentré

Résultats d'élections européennes :-(

Résultats provisoires (8 juin, 3h07) de l'élection européenne du 7 juin 2009 Résultat des élections européennes, au niveau européen et au niveau français.

28% pour le parti de Sarko en France, 81% des électeurs français de 18 à 34 ans n'ont pas voté[1], 60% d'abstention en France et en Europe, explosion du vote nationaliste en République tchèque, en Italie ou en Autriche (entre autres).

Abstention à l'élection européenne du 7 juin 2009

En bref, c'est la joie ! Notre démocratie va mal, les électeurs n'ont pas conscience des enjeux européens et de l'importance du Parlement européen et toujours autant de gens votent pour des partis prônant l'individualisme et le racisme au détriment de l'ouverture aux autres et du partage.

Notes

[1] Source : journal du matin du 8 juin 2009 sur France Culture.

Thu 14 May 2009

  • David Mentré
  • 2

Quelques infos en vrac

Quelques informations en vrac qui ont retenu mon attention.

Tiny Tiny RSS

Copie d'écran Tiny Tiny RSS Je viens récemment d'installer Tiny Tiny RSS (alias tt-rss), un lecteur en ligne de flux RSS que m'a fait découvrir Sylvain. Il est vraiment excellent ! Facilement configurable, très complet, libre, relativement facile à installer (quelques soucis pour comprendre puis installer le démon de mise à jour automatique des flux), facile de marquer des articles comme intéressants, etc. Bref, que du bonheur.

Grâce à Tiny Tiny RSS, je peux maintenant lire mes flux RSS de partout, en toute confidentialité (je passe en HTTPS) et avec du logiciel libre ! :)

Impôts 2009 : la TVA est la principale source de revenus de l'État

Comme tout le monde, j'ai reçu ma déclaration d'impôts pour 2009 et, comme tout le monde, avec le petit fascicule qui indique les principales recettes et dépenses de l'état. Pour les 266,6 milliards d'euros de recettes :

TVA : 126,7 milliards d'euros
Impôts sur le revenu : 50,4 milliards d'euros
Impôts sur les sociétés : 37,4 milliards d'euros

La TVA rapporte plus que impôts sur le revenu et sociétés combinés. Donc l'essentiel des ressources de l'État (47,5 % pour être exact) provient de l'impôt le plus inégalitaire qui soit (puisque tout le monde paye la même somme, indépendamment de ses revenus). Suis-je le seul que ça dérange ?

Et au passage, Déficit : 103,8 milliards d'euros (avec notamment une partie Dettes et engagements financiers de 44,6 milliards d'euros dans les dépenses, soit quasiment l'intégralité des impôts sur le revenu). Soit nos impôts vont radicalement augmenter, soit notre cher gouvernement va encore allégrement massacrer les services de l'État.