Bertrand Russell (image Wikipédia) Ce petit livre (32 pages, éditons Alia) est ancien, 1932, mais toujours étonnamment d'actualité. Bertrand Russell, le célèbre logicien, y expose ses idées sur le travail, l'utilité du travail pour la société et comment procurer plus de bonheur à tous.

Pour parler sérieusement, ce que je veux dire, c'est que le fait de croire que le TRAVAIL est une vertu est la cause de grands maux dans le monde moderne, et que la voie du bonheur et de la prospérité passe par une diminution méthodique du travail.

La réduction du temps de travail ! Voilà l'objectif de Bertrand Russell. Et il n'y va pas de main morte puisqu'il préconise 4h par jour. :-) Mais au-delà de cette proposition, Russell explique pourquoi travailler peu est nécessaire : pour avoir du temps pour des loisirs, pour développer des activités créatives, aussi bien artistiques que scientifiques, pour s'éduquer, etc. En résumé, pour faire de l'homme un être actif pour le bien de la société et pas seulement un être passif, juste bon à s'abrutir au travail et consommer sur le peu de temps qu'il lui reste.

1932 ! Il y a 80 ans, on parlait déjà de ces questions et je n'ai pas vraiment l'impression qu'on est vraiment progressé depuis. À une heure où l'automatisme est croissant, où la productivité est sens cesse améliorée, ou certains sont surchargés de travail alors que d'autres en demandent, nous devrions collectivement nous interroger sur la façon de répartir équitablement travail mais surtout richesse dans notre société ? Peut-être peut-on voir au-delà de l'horizon néo-libéral (bouché) qu'on nous présente que seule voie possible ? Bertrand Russell nous invite à y réfléchir intelligemment et de manière compréhensible.

La bonté est, de toutes les qualités morales, celle dont le monde a le plus besoin, or la bonté est le produit de l'aisance et de la sécurité, non d'une vie de galérien. Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres : en cela, nous nous sommes montrés bien bêtes, mais il n'y a pas de raison pour persévérer dans notre bêtise indéfiniment.